Le meilleur ami du traducteur

Si tu ne devais traduire qu’à l’aide d’un seul outil, lequel choisirais-tu ?

Question déchirante stupide, n’est-ce pas ?

Ils sont nombreux à se disputer la première place : les dictionnaires de français, les dictionnaires bilingues, le Grevisse, le Meertens, le Besherelle, les dictionnaires techniques… La liste est interminable.

Après mûre réflexion, et avec le couteau sous la gorge, je pense que je choisirais un dictionnaire des synonymes comme le Crisco : ô précision du synonyme ! Ô justesse de la nuance ! (Oh, t’en fais trop là.)

Pour bien traduire il faut d’abord bien comprendre le sens du texte source. Il faut aussi respecter les règles et conventions de la langue cible. Il faut être capable de faire des choix appropriés en fonction du but de la traduction, le choix d’un aspect se faisant toujours au détriment d’un autre : quand on privilégie le style, on altère souvent le sens ; quand on privilégie la culture source, on risque d’altérer la fluidité du texte cible, etc.

Toutes ces questions, qui ne sont pas claires pour les traducteurs putatifs, vont presque de soi pour les professionnels. Voilà pourquoi ma question de départ était stupide. Ton choix, amie lectrice ma chère consœur/ami lecteur mon cher confrère, dépendrait forcément de la traduction concernée, n’est-ce pas ?

Il n’empêche. Je ne compte plus le nombre de fois où mon dico des synonymes m’a permis de retrouver ces fichues gloses qui s’accrochaient de tous leurs sens (oui, pluriel) au bout de mes langues (oui, pluriel encore).

Grâce à lui, je peux transformer la traduction boiteuse d’un terme anglais en une expression française courante et comprise de tous (ou de la plupart…). Grâce à lui, je peux éviter les répétitions horripilantes. Grâce à lui, je redécouvre des mots puissants que j’avais presque oublié : je « jugule » l’inflation, au lieu de « l’étouffer » ; j’évalue la « tenue » (ou le « comportement ») au feu d’un matériau, au lieu de sa « performance »… Bref, tu vois où je veux en venir.

On ne le répétera jamais assez, dans bien des cas, la traduction mot-à-mot donne des résultats souvent bancals, parfois incompréhensibles (et je reste poli). Les mots d’une même langue ont des affinités entre eux. À ce titre, les dictionnaires de collocations sont peut-être encore plus efficaces que les dictionnaires de synonymes.

Si tu ne sais pas de quoi je parle, je te convie à visiter le site de Toni González Rodríguez, un spécialiste qui a élaboré un dictionnaire contenant plus de 35 000 collocations. Son dictionnaire est disponible en ligne et si, comme moi, tu traduis vers le français, je parie que tu lui trouveras un intérêt certain.

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