On mother tongue, native speakers and other linguistic myths

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It is often said that real professional translators translate only into their ‘mother tongue’ because only ‘native speakers’ are fully competent in ‘their language’. I wish to question these linguistic myths.

1.     What does ‘mother tongue’ mean?

The meaning of the expression ‘mother tongue’ is ambiguous.

Admittedly, the only language that monolingual speakers generally claim to know is that of their mother. They first learnt that language through interaction with their mother, at an early age.

But the world is diverse. Some people first learned their father’s tongue. Some did not have parents. Some were raised by people who spoke different languages.

Moreover, the expression ‘mother tongue’ poses an ideological problem, because some people imply that their mother tongue is the mother of their identity, as if without it, they would not be ‘their true selves’.

Such a claim can bring people together, as in the case of the Irish slogan “ní tír gan teanga” (no land without language).

But we must not forget that Romantic slogans can also be used to discriminate the Other.

The Nazis, for instance, used mother tongue fascism to justify linguistic discrimination towards multilingual Jewish Germans. They claimed that these multilingual speakers were perverting the ‘mother tongue’ because they were not true ‘native’ German speakers.

I will let you reflect on what ‘perverting a tongue’ might mean and move onto my second question:

2.     Who’s the ‘native speaker’?

One can only marvel at the term ‘native speaker’. This bizarre expression implies either that we were ‘born speaking’ – a rare achievement – or that we were ‘born into a language’. My non-native instinct tells me we’ve got a metaphor on our hands.

Obviously, ‘native speaker’ does not imply that we are linguistically autonomous from birth. In fact, nothing much happens linguistically in the first year of our lives. Any young parent will confirm this: what first happens with your new-born is communication.

When we use the term ‘native speaker’, we imply that a person has a legitimate competence in a given language.

But how do we make it legitimate? By being born with it or by acquiring it? In other words, does native legitimacy come from innate or learned behaviour?

As sociolinguist Deborah Cameron recently pointed out, UK statistics suggest that the test for British citizenship applicants advantages native speakers of white European ancestry. So it would seem that there are different types of native speakers and that they are not all legitimate.

Interestingly, discourses that promote the ‘native speaker’ concept are often qualified with adjectives like ‘pure’, ‘perfect’, ‘authentic’ or ‘unique’.

3.     Let’s take a look at translators

Some of us have developed a high level of oral or written comprehension in various languages, but cannot speak or write such languages as ‘correctly’ as ‘native speakers’ would. Some of us can even write languages that we cannot speak.

Sounds weird? Try speaking with Julius Caesar. While we can read him and write to him, no one really knows what this true native Latin speaker sounded like.

In any case, we don’t need to interact with living people to read or write a language – be it ancient or modern. These activities involve a different type of language use than, say, buying a pint for your mates on a Friday night.

Indeed, it has to do with how we use languages. Since we do not speak like we write, conversation plays a limited role in the work of most professional translators. Speaking like a true native is therefore far less important than having excellent writing skills.

4.     The second mother tongue

Using the language of your mother on a daily basis does not make you a professional translator. And English has this in common with many minority or endangered languages that most of its speakers were not ‘born into it’.

While these ‘new speakers’ are often criticized by those who claim to be ‘natives’ — for their mistreat of language conventions, i.e. illegitimate use — some of these new speakers reach a level of competency that is so high that their new language becomes their language of habitual use – a fact that ITI’s Code of Professional Conduct takes into account.

Such competency allows them to claim certain legitimacy, at least in some areas of language use. They may not be able to have a laugh in that language at the pub on a Friday night, but they can translate medical reports that most ‘natives’ would simply not understand.

As a group of intellectuals commissioned by the EU once put it, some people are capable of adopting a ‘second mother tongue’. Language diversity is not about building walls between languages. It is about recognising the diversity of use human beings make of their tongues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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On mother tongue, native speakers and other linguistic myths

6 réflexions sur “On mother tongue, native speakers and other linguistic myths

  1. Philippe Riondel dit :

    Le parfait exemple d’un texte anglais rédigé (sans réelle faute, toutefois) par un francophone, mais dans lequel on sent immédiatement qu’il a été pensé en français. Je lis ce texte, et il résonne en français dans mon esprit, tant la pensée sous-jacente est française (voie systématiquement active, choix de mots anglais souvent morphologiquement proches du mot français qui vient à l’esprit (même si en soi, ce n’est pas fautif), etc.).
    Par exemple, la plupart des locuteurs anglophones auraient écrit « But we should not forget that Romantic slogans… », et non « But we must not forget that Romantic slogans… ». ‘Must’ n’est pas intrinsèquement faux, mais il est trop fort ici et ne correspond pas forcément à l’usage en anglais, qui privilégie souvent le modal ‘should’, sauf pour insister sur le caractère impératif de quelque chose. Ce même ‘should’ que tant de traducteurs inexpérimentés rendent docilement par ‘devrait’ en français, alors que c’est ‘doit’ qui convient le plus souvent.
    Certes, un anglophone comprendra, n’y trouvera pas de faute, mais tiquera, consciemment ou non. La répétition de ces imperfections lui fera sentir que le texte n’a pas été initialement pensé et rédigé en anglais. À la limite, ça l’indisposera ou nuira à la qualité de sa lecture. Certaines nuances ou connotations liées au choix ou à l’ordonnancement des mots qu’auraient privilégiés un anglophone pourront avoir été perdues.
    Or, notre rôle de traducteur, par exemple vers le français, est de produire des textes comparables à des textes pensés et rédigés en français. Il en va de même pour les autres langues.
    C’est pour ça que les traducteurs devraient toujours se limiter à traduire vers leur propre langue. Il m’est souvent donné d’avoir à traduire de l’anglais au français des textes rédigés par des francophones « bilingues », ce qui n’est pas rare au Canada. Ça me prend rarement plus de cinq lignes pour m’en apercevoir, même s’il sont techniquement irréprochables… Mais il manque un certain ton, les structures ne sont pas les mêmes, etc. Cela dit, cela me facilite toujours la tâche de traduction!

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  2. D’abord toutes mes excuses, les lecteurs de ce blog (s’il y en a encore) ne comprendront pas bien ce que ce billet vient faire ici. J’aurais dû mentionner qu’il a d’abord été publié sur l’ancien blog de l’Institut britannique de traduction et d’interprétation (et donc qu’il a été relu par des traducteurs anglophones qui, semble-t-il, l’avaient jugé acceptable).
    Cela dit, je ne vois pas ce qui m’empêche de malmener l’anglais sur mon propre blog. Que ce billet ait été rédigé ou non par un francophone n’a aucune importance puisque les lecteurs de ce blog savent pertinemment qu’il s’agit d’un blog francophone. Je n’ai jamais cherché à me faire passer pour un anglophone. C’est marqué dessus, comme le Port-Salut 😉
    Ces clarifications étant, je ne suis pas sûr de comprendre votre propos.
    1. Je pense sincèrement que traduire et écrire sont deux activités très différentes, a fortiori si l’on compare une activité professionnelle rémunérée (la traduction) avec un loisir non rémunéré (la rédaction d’un blog).
    2. Votre analyse stylistique est très fine (et en soi fort intéressante, merci !) mais elle reste la vôtre — elle ne vous permet en rien de savoir ce que « des locuteurs anglophones auraient écrit ». Pour ça, il faudrait faire une analyse de l’usage de chacune des expressions que vous citez, sur un corpus spécifique avec des paramètres préalablement bien définis. Sinon, ça reste votre opinion : ne la généralisez pas.
    3. Vous parlez des anglophones comme s’ils étaient tous pareils. Pourtant il y en a des millions (des milliards ?). Oseriez-vous prétendre qu’ils s’expriment tous de la même manière ? Qu’un habitant de Kingston utilise « must », « shall » ou la négation exactement de la même manière qu’un habitant de Tyndrum ? Ou avez-vous un anglophone particulier en tête ? Votre maîtresse d’école peut-être ? Croyiez-vous que certains anglophones sont plus « authentiques » que d’autres et donc que leur anglais serait plus « pur » ? Qu’il faudrait que nous parlions tous comme la reine d’Angleterre ? (Et accessoirement que nous ayons tous la peau blanche et les yeux bleus ?)
    4. J’ai l’impression que vous pensez comme un monolingue (mais peut-être n’est-ce qu’une impression). En tout cas, il n’y a que les monolingues pour croire qu’on a une seule « langue propre ». Beaucoup d’habitants de cette planète, la majorité en fait, ont plusieurs langues (je dis bien « ont », au sens gaélique du terme) et s’en servent dans des contextes linguistiques différents. N.B : Ils ne s’en servent pas de manière équivalente : ça, ce serait du bilinguisme et ça n’existe pas vraiment.
    5. Il est certes nécessaire que les traducteurs se limitent à une seule langue cible, mais seulement pour un type de texte. C’est là toute la nuance. Un professionnel de la traduction digne de ce nom (traducteurs littéraires mise à part) ne devrait traduire que certains types de texte et n’utiliser qu’une combinaison de langue pour chacun d’entre eux. Mais ce serait idiot de l’empêcher d’utiliser plusieurs langues s’il en est capable.

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    1. Philippe Riondel dit :

      Merci de votre réponse. Désolé si je vous ai froissé, ce n’était pas mon intention.
      Je ne mettais pas en cause à proprement parler votre anglais, qui est d’un excellent niveau, et je pense avoir précisé qu’il ne comportait pas de faute. Je ne vous ai pas reproché de le malmener, puisque tel n’est pas le cas.
      Je voulais juste, histoire d’en débattre – puisque vous sembliez vouloir ouvrir ce débat–, répondre à l’assertion que vous faites en introduction à propos de la traduction vers sa langue maternelle, avec laquelle, et ça n’engage que moi, je ne suis pas d’accord.
      Je ne sais pas tout, je ne fais pas autorité, mais les idées sont faites pour en débattre. Et il me semblait justement qu’un blogue, surtout avec une zone de réponse, servait à ça.

      Vous m’avez fourni un très bon terreau pour illustrer ma position, précisément parce que c’était un excellent texte, qui témoigne d’une excellente maîtrise de l’anglais. Un texte médiocre n’aurait pas prouvé quoi que ce soit. Mais, tout excellent qu’il soit, votre texte ne sent pas toujours l’anglais, et c’est ça qui est intéressant.
      Charité bien ordonnée commençant par soi-même, je suis le premier à dire la même chose à mon propre sujet : je peux produire des textes sans faute en anglais, mais mes textes ne sonneront jamais anglais à l’oreille d’un anglophone minimalement instruit. Tout comme je connais des étrangers qui ont une maîtrise exceptionnelle du français, mais qui ne sonneront jamais français, même (ou surtout?) à l’écrit.
      Être à l’aise dans une autre langue est très utile, très agréable, très payant, très gratifiant, etc. dans la vie de tous les jours, pour échanger universellement, pour faire des affaires, pour tenir un blogue ou pour 1000 autres choses, je n’en disconviens pas. Mais ce n’est à mon sens pas suffisant pour traduire professionnellement. C’est là mon propos.
      Je traduis professionnellement (et parfois décrypte) en moyenne 2000 mots anglais par jour depuis 16 ans, avec la réflexion que cela suppose sur la syntaxe ou les ambiguïtés, les nuances du texte de départ et les nuances les plus aptes à refléter les premières dans le texte d’arrivée. Autrement dit, je traduis (et vous aussi peut-être) avec un esprit critique et analytique. Cela m’a permis d’acquérir une bonne perception, tant intuitive que réfléchie, des tendances ou des habitudes syntaxiques ou culturelles de l’anglais. En tout cas l’anglais nord-américain. Je peux donc me fier avec une relative justesse à ma perception.
      Et pourtant, mon expérience ne me permettra jamais de produire un texte pensé en anglais, avec une syntaxe typiquement anglaise, quand bien même j’exercerais encore pendant 30 ans mon métier.Il n’y a pas de mal ni de honte à le reconnaître. Je dis juste que cela ne me qualifie pas pour produire des traductions professionnelles vers l’anglais. Des traductions techniquement irréprochables, probablement. Des traductions compréhensibles, absolument, Mais des traductions dont un locuteur anglo-saxon pensera qu’elles coulent de la plume d’un des siens, sûrement pas. Or notre Graal, à nous traducteurs, est de produire des traductions qui donnent l’impression au lecteur qu’il lit un texte original, et non une traduction.
      Cordialement

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  3. Si le traducteur n’est pas capable de comprendre quelle est sa mission, il ne peut produire des traductions professionnelles.

    Certes, dans de nombreux cas, « on » attend d’une traduction qu’elle se lise bien, comme si le texte avait été écrit directement dans la langue cible, mais il existe des missions de traduction où l’important est de s’assurer que le lecteur comprend l’information du message original. Tant mieux si le style est bon, mais il ne doit pas l’être aux dépens de la fonction du texte.

    Surtout, le « on » en question, ce « locuteur qui pensera qu’elles coulent de la plume d’un des siens » est un locuteur idéal, qui n’existe pas dans la réalité. Il existe des locuteurs et donc, des attentes différentes qui varient en fonction des idiolectes, des sociolectes, des jargons, etc. Il suffit de travailler en équipe pour s’en rendre compte 😉

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    1. Philippe Riondel dit :

      Ce n’est pas parce qu’une traduction est pragmatique qu’elle doit simplement viser à ce que « le lecteur [comprenne] l’information du message original ». Sinon, dépêchons-nous d’accueillir les logiciels de traduction automatique et changeons de métier. Certains de ces logiciels sont déjà bluffants. Ou en tout cas, produisent déjà du fonctionnel honorable.
      Un exemple type de ces textes où il suffirait pour certains, sans autres exigences, que le lecteur comprenne le message original, ce sont les conditions d’utilisation des sites Internet ou de certains logiciels, souvent bourrées de fautes de syntaxe. On comprend, mais c’est parfois lamentable. Certes, on dira que c’est du juridique, et que rares sont les gens qui les lisent. Et alors? Cela doit-il justifier l’incompétence ou le «bâclage» du traducteur? Ce genre de traduction ne correspond pas à ma conception de ma profession ou de ma mission. En outre, bien faire son travail ne demande généralement pas beaucoup plus d’efforts.
      Je n’adhère pas à la vision de la langue purement fonctionnelle. Quand on construit un pont, il s’agit de quelque chose d’utilitaire, pour faire passer des véhicules, et pourtant, on soigne à grands frais sa dimension esthétique. Pourquoi le faire beau, si ce qui compte, c’est qu’il permette de franchir le fleuve? Ce n’est pas parce que quelque chose est fonctionnel qu’on ne doit pas viser la perfection (ce qui est subjectif, je vous ai entendu) ou un certain degré de qualité. Transposé à la traduction, on doit au-delà de son aspect fonctionnel, viser la fluidité, l’idiomaticité, la clarté et l’agrément de lecture. Comme le disait autrefois un de mes profs de traduction, mon client, c’est le lecteur.
      Sur un autre point, s’il existe effectivement des idiolectes, des sociolectes, [des géolectes,] des jargons, etc., qui relèvent du domaine du vocabulaire, de certains contextes professionnels ou d’autres niveaux de langue (argot, joual, etc.), il n’en demeure pas moins que la syntaxe d’une langue reste globalement constante et que les variantes que vous évoquez ne justifient pas de ne pas maîtriser la syntaxe. Au risque de commettre un lieu commun, la syntaxe reflète l’articulation des idées.
      On va s’arrêter là, car j’aurais encore tellement de choses à dire (et vous aussi sûrement) sur ce métier et cette langue que j’aime qu’on risque d’y passer la nuit.
      Tout ça pour défendre le fait qu’on ne peut, à mon sens, pas faire une traduction professionnelle dans une langue qui n’est pas la sienne. Fonctionnelle, oui. Professionnelle, non. Vous êtes d’un autre avis. C’est votre droit. 🙂

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